Lectures - Pratiques anti-syndicales à Wal-Mart
LEMONDE.FR | 03.05.07 |
Le rapport de 210 pages, intitulé "Droits au rabais : Wal-Mart bafoue le droits des salariés américains à la liberté syndicale", est le fruit d'une vaste enquête. De 2004 à début
L'organisation épingle ses "pratiques antisyndicales", légales ou non. En premier lieu, elle relève que, comme beaucoup d'autres compagnies américaines, Wal-Mart utilise la faiblesse des "lois américaines sur le travail". "Wal-Mart commence souvent par créer un environnement hostile à la syndicalisation dès le moment où les employés et les directeurs sont embauchés", par le biais de séances de formation ou de vidéos qui visent à "endoctriner les employés avec l'idée selon laquelle les syndicats sont mauvais pour eux et mauvais pour l'entreprise".
ESPIONNAGE, MENACES, SANCTIONS, LICENCIEMENT
Les nouveaux directeurs de magasins reçoivent un guide, "la boîte à outils du directeur", avec "des instructions explicites sur la façon d'empêcher la constitution de syndicats". Ces derniers sont également tenus, selon HRW, de "signaler" tout employé qui tenterait de se syndiquer en contactant la "Union Hotline" ("numéro d'urgence relatif aux syndicats"). Une "équipe de relations du travail" est alors envoyée dans le magasin concerné afin "d'écraser la tentative de syndicalisation". Les employés sont alors "fortement incités" à participer à des réunions où ils sont informés des conséquences de la formation de syndicats et visionnent des vidéos où le "message est dramatisé". Des pratiques qui ne sont pas contraires au droit américain du travail, selon HRW.
Mais HRW note également l'utilisation de "tactiques antisyndicales illégales" : "espionnage" des salariés par les directeurs, utilisation de menaces (perte des avantages) en cas de syndicalisation, interdiction de distribution de tracts devant les magasins, sanctions de partisans des syndicats "y compris le licenciement"... "Les sanctions prévues par la législation américaine du travail sont si minimes qu'elles ont peu d'effet dissuasif", indique le rapport.
En conséquence, souligne HRW, les salariés ont été incapables de mener des actions collectives pour faire valoir leur droit, en matière de salaires, d'heures de travail ou de lutte contre la discrimination sexuelle.
L'organisation demande au Congrès américain d'adopter la "loi pour le libre choix de l'employé" (EFCA). Votée à