Rentrée scolaire les bonnes et mauvaises notes de l'élève Sarkozy

Publié le par Fulcrum

Rentr--e-scolaire--les-bonnes-et-mauvaises-notes-de-l---l--ve-Sarkozy.jpgPour la majorité des douze millions d'élèves scolarisés de la maternelle à la terminale, ce mardi est le jour de la rentrée. Mais deux millions d'écoliers, qui observent la semaine de quatre jours, ont déjà repris l'école au cours de la deuxième quinzaine d'août et, à Paris, la rentrée du primaire a eu lieu hier. Cette rentrée scolaire est la première de la présidence de Nicolas Sarkozy, qui avait promis pendant la campagne électorale de faire de l'éducation sa "priorité" – tout en annonçant son intention de ne pas remplacer "un fonctionnaire sur deux partant à la retraite".

C'est justement le début de mise en oeuvre de ce principe qui risque de poser problème : à la fin août ont été annoncées 11 200 suppressions de postes d'enseignants, principalement dans le second degré, dans le cadre du budget 2008 (donc pour la rentrée de l'année prochaine). Ce nombre, finalement, ne représente qu'environ un tiers des départs en retraite prévus en 2008, mais la pilule est quand même amère pour les enseignants : ces suppressions équivalent à la totalité des postes déjà supprimés depuis 2004. La rentrée actuelle se fait déjà sous le signe de l'austérité, en raison des économies décidées l'an dernier, qui se traduisent par 2 500 suppressions de postes dans le secondaire.

Les tensions ne devraient pas, toutefois, affecter la rentrée. Les syndicats, tout en dénonçant " une saignée sans précédent", ne prévoient pas, dans l'immédiat, de déclencher de grève. Ils préfèrent "interpeller" le président de la République, avant de se retrouver à la mi-septembre pour envisager une action "de grande ampleur", dans le courant du premier trimestre.

La position des syndicats est inconfortable. D'une part, la continuation de "l'état de grâce" présidentiel, marqué par des records de popularité, les retient sur la voie d'un affrontement classique. D'autre part, dès les prochaines semaines, doit s'ouvrir, sous la responsabilité du ministre de l'Education, Xavier Darcos, une vaste concertation sur la "revalorisation de la condition enseignante". Cette concertation doit durer toute l'année scolaire, en deux phases : d'abord l'élaboration d'un "livre vert" rassemblant les différentes suggestions qui doivent être recensées d'ici à décembre, ensuite la sortie d'un "livre blanc" formulant les réponses du ministère, qui seront soumises à discussion dans la perspective d'une entrée en vigueur dès la rentrée 2008.

La première phase doit être coordonnée par un comité, auquel Michel Rocard, ancien premier ministre socialiste, a accepté de participer. En même temps qu'ils veulent riposter aux suppressions de postes, les syndicats ne peuvent se retirer de ces discussions, qui porteront sur des sujets aussi important que les fonctions, les rémunérations, les carrières, le dialogue social… D'un côté, ils sont méfiants devant cette volonté du pouvoir de mettre tous les sujets sur la table. De l'autre ils espèrent en tirer avantage, puisque la promesse présidentielle est bien celle d'une "revalorisation" de leur métier, même s'ils redoutent qu'elle soit interprétée sous l'angle exclusif du "travailler plus pour gagner plus" cher à Nicolas Sarkozy. Déjà, la mise en place d'études dirigées, dans les collèges de l'éducation prioritaire (les ZEP), se fera en sollicitant les enseignants candidats aux heures supplémentaires.

Lors de sa conférence de presse de rentrée, mercredi 29 août, et les jours suivants, Xavier Darcos a abordé de manière détaillée la mise en œuvre du projet présidentiel dans l'éducation. Il a fait le point sur des actions déjà engagées, comme l'amorce de la suppression de la carte scolaire ou la poursuite de l'effort en faveur de la scolarisation es élèves handicapés.

Conscient d'aborder un cap difficile, le ministre a multiplié à l'égard du monde enseignant les déclarations d'amour appuyées. Il a enjoint "la société française" à "faire pack derrière ses enseignants" et prononcé un long plaidoyer pour "un métier qui se fait avec beaucoup de courage, d'énergie et parfois de solitude". Dans une interview au Parisien, hier, le ministre a même été jusqu'à déclarer : " Je sais bien que l'immense majorité d'entre eux ne vote pas pour moi et font la gueule quand ils me voient. N'empêche... je les aime. S'ils ne sont pas là, tout explose. Alors, soyons tous derrière eux."

Luc Cédelle

http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3224,36-950895@51-946005,0.html

 

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